Le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour la découverte du VIH, est mort

Luc Montagnier est décédé le 8 février 2022 à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Professeur à l’Institut Pasteur et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), il fut récompensé du prix Nobel de médecine en 2008 avec Françoise Barré-Sinoussi pour la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

L’information tournait depuis mercredi, avec l’annonce, par le site FranceSoir, puis par des proches collaborateurs à lui sur Twitter, du décès du professeur Montagnier.

« Selon deux sources différentes, l’une médicale, l’autre politique, nous pouvons confirmer que Luc Montagnier est bien décédé, mardi, à l’âge de 89 ans, à l’hôpital américain de Neuilly. Contactée par CheckNews, la docteure Béatrice Milbert (avec qui il avait été question qu’il organise un colloque à Genève en janvier 2021) nous a également confirmé son décès. La mairie de Neuilly, enfin, nous a confirmé le dépôt du certificat de décès », écrit ce jeudi 10 février le site du quotidien Libération.

Dans les années 1980, Luc Montagnier travaille en effet sur les cancers provoqués par des virus à l’institut Pasteur. Avec les chercheurs Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann, il isole le virus de l’immunodéficience humaine, le VIH responsable du sida. Très engagé dans le combat contre cette maladie, le professeur Luc Montagnier n’aura de cesse par la suite de se battre contre ce fléau qui causera la mort de millions de personnes dans le monde. Des malades auxquels il rend hommage au moment de l’obtention du prix Nobel.

Dans les années 1990, il rend un rapport dans lequel il propose la création d’un comité de coordination de la lutte contre le sida. Il met en avant également le rôle crucial de la prévention et lance aux côtés de Line Renaud le Sidaction en 1994.

Avec Frédérico Mayor, directeur de l’Unesco, il crée une fondation mondiale de recherche et de prévention du Sida. Au micro de Colette Berthoud sur RFI, il répond aux critiques faites à l’implantation d’un centre de recherche en Afrique sans que celle-ci en ait les retombées bénéfiques…

Une fin de carrière amère

La fin de carrière de Luc Montagnier, est plus tumultueuse, estime Simon Rozé, du service France-sciences de RFI. Mémoire de l’eau, téléportation de l’ADN : il multiplie les déclarations sans rapport avec ses connaissances en médecine et dépourvues de tout fondement scientifique.

La communauté a même un terme pour ce phénomène : la « nobelite », la maladie du Nobel. Cette tendance qu’ont certains lauréats du prix à mettre à profit leur notoriété pour défendre des thèses pseudo-scientifiques à propos de sujets sur lesquels ils n’ont jamais travaillé.

En 2010, il est recruté par une université chinoise à Shanghai. Le chercheur déclare y trouver un « esprit d’ouverture, de dynamisme et de rapidité de décision ».

Au sujet de la pandémie de Covid-19, Luc Montagnier tient à plusieurs reprises des propos mensongers sur l’origine du virus ou sur les vaccins. Il devient alors un modèle pour les opposants aux mesures sanitaires, mais est à l’inverse totalement discrédité vis-à-vis de ses pairs.

Avec RFI

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