L’armée française a-t-elle aidé l’Égypte à traquer des civils ?

La ministre des Armées Florence Parly a demandé l’ouverture d’une enquête suite à la publication d’un article de Disclose. Selon le site d’investigation, l’Égypte utiliserait des renseignements fournis par la France pour bombarder des trafiquants à la frontière libyenne et non des jihadistes.

L’accord était à l’origine secret. En 2016, La France et l’Égypte engagent une opération, nom de code : Sirli. Objectif : détecter la présence de groupes islamistes le long de la frontière avec la Libye. Une équipe française, dotée d’un avion espion et de quelques analystes, était chargée d’écouter les conversations interceptées le long de cette frontière particulièrement poreuse. Il s’agissait d’évaluer la menace terroriste.

Selon le site d’investigation Disclose, l’équipe française se serait rapidement rendue compte que les informations recueillies servaient surtout à cibler des civils soupçonnés de contrebande. Au moins 19 bombardements menés par les Égyptiens seraient ainsi liés à des renseignements français.

Exigences « strictes »

Suite à ces révélations, le ministère des Armées a sollicité l’ouverture d’une enquête. Elle doit « porter sur deux volets », a précisé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l’issue du conseil des ministres. « La justice va être saisie sans délai » sur le premier volet, la « violation flagrante du secret de la défense nationale ». Mais l’enquête interne devra également « vérifier que les règles qui avaient été fixées pour cette coopération en matière de renseignement, les mesures qui avaient été prises pour qu’elles soient appliquées ont effectivement été mises en œuvre ».

Dans le cadre de la coopération entre la France et l’Égypte dans les domaines du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, l’utilisation des moyens répond à des exigences « strictes » et définies « très précisément », « connues de notre partenaire et régulièrement rappelées », a noté Gabriel Attal. « Soyons extrêmement clairs : les problématiques domestiques sans rapport avec la lutte contre le terrorisme n’entrent aucunement dans le champ de cette mission de renseignement. »

Paris se retrouve dans une situation délicate. Si l’Égypte est un partenaire clé de la France, elle est aussi en matière de vente d’armes l’un de ses plus gros clients.

Avec RFI

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