Le Maroc ferme son espace aérien à la Guinée : les agences de voyages prises en tenaille

Dans un communiqué rendu public dans la soirée d’hier mercredi, le Maroc a annoncé la suspension des vols en provenance et à destination de plusieurs pays, y compris la Guinée. Des raisons liées à la pandémie du covid-19 sont invoquées pour justifier cette décision qui va s’étendre jusqu’au 10 avril. Des agences de voyages de Conakry interrogées à ce sujet ce jeudi ont dit l’impact de cette mesure sur leurs activités déjà fortement affectées.

Cette décision du royaume Chérifien ne reste pas sans conséquences sur les agences de voyages installées sur le sol guinéen. C’est le cas de la structure BSB voyages Guinée. Selon Boubacar Sennadé Barry, PDG de BSB Voyages, la pilule risque d’être difficile à avaler.

« C’est une mauvaise nouvelle pour nous vu que nous venons de reprendre nos activités il y a environ un mois et nous avons déjà des billets qui ont été émis en avance et qui ne seront pas remboursés. Le Maroc est la ligne la plus occupée pour le moment vu qu’on n’a pas besoin de visas pour s’y rendre, tout le monde transite par là-bas pour aller dans d’autres pays.  Donc, ça va impacter les agences mais aussi les clients parce que beaucoup de clients ne savent pas réellement s’ils seront remboursés ou pas. Mais, puisqu’ils ont dit que c’est jusqu’au 10 avril on attend de voir s’ils vont respecter cette date. Mais si ça perdure, ça va affecter beaucoup les clients surtout les agences de voyage, parce qu’on achète les billets avec nous… », s’est-il lamenté.

A en croire Boubacar Sennadé Barry, cette suspension pourrait causer d’énormes pertes à son agence. « Ce qui est plus grave dans cette situation, on n’a personne à qui on peut se fier. Peut-être les compagnies vont prendre en charge les billets.  Mais imaginez que la personne ait déjà planifié le voyage, donc ils vont essayer de prolonger leur séjour et ils seront obligés de payer les hôtels ou encore le loyer. Chez nous par exemple nous pourrons enregistrer beaucoup de pertes liées aux intérêts. Tu vois l’argent mais tu ne peux pas toucher et c’est ce qui est plus difficile. Tout ce qu’on fait c’est avec des risques, donc ça va vraiment affecter tout le monde. Certains clients vont demander à être remboursés alors qu’avec cette situation de covid-19, les billets sont non remboursables. Donc certains clients vont porter plainte pensant que c’est de notre faute. Je pense qu’ils auraient dû informer en avance pour qu’à notre tour, nous informions nos clients, parce que ce genre de situation peut arriver à tout moment », a t-il laissé entendre.

Pour éviter tout désagrément, notre interlocuteur demande l’implication des ministères des Affaires Étrangères et du Tourisme. « Notre ministre de tutelle, c’est-à-dire le ministre du tourisme, doit s’impliquer dans ce genre de situation en étroite collaboration avec le ministère des affaires étrangères pour éviter que ce genre de situation ne vienne directement s’imposer comme ça sans qu’il n’y ait des préavis. Donc comme ça, tout le monde sera avisé à temps et chacun de son côté pourra prendre des dispositions pour gérer la situation ».

Mariam Diallo pour Guineepremiere.com 

575

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!