Décrispation en Guinée : le CNOSC se bat pour une remise en liberté de certains détenus politiques

La Guinée traverse une crise sociopolitique qui ne fait l’affaire de personne dans un contexte de crise économique et sanitaire inédit. Un dangereux cocktail que des bonnes volontés tentent de désamorcer pour parer à toute éventualité. C’est pour renouer le fil du dialogue que le Conseil national des organisations de la société civile Guinéenne (CNOSC-G) s’est adressé au président Alpha Condé et à la justice pour diligenter le jugement des détenus politiques ou accorder la liberté conditionnelle à certains d’entre aux. L’annonce en a été faite ce mercredi, 13 janvier 2021, par Dr Dansa Kourouma joint au téléphone par un de nos reporters.

La détention prolongée des responsables politiques de l’opposition préoccupe les acteurs de la société civile guinéenne. C’est dans cette optique que des plaidoyers ont été entrepris par des activistes et des religieux pour solliciter leur libération. Arrêtés depuis quelques mois, plusieurs d’entre présentent un état de santé fragile. Pour leur éviter le même sort que feu Roger Bamba, décédé en détention, Dr Dansa Kourouma et certains religieux se sont retrouvés pour travailler afin d’obtenir ne serait-ce que leur libération conditionnelle.  « On a déjà  écrit au président de la République. Nous sommes en discussion et on travaille dans les couloirs avec les religieux et des chefs coutumiers pour qu’une véritable décision libératrice soit accordée, surtout à ceux qui ont un état fragile qui  méritent de bénéficier d’une liberté encadrée par la loi. Ceci dit, nous ne voulons pas dire par là qu’il faut libérer des personnes qui ont commis des actes  de déstabilisation  grave ou qui ont entrainé des pertes en vies humaines. Et si c’est le cas, la justice doit faire son travail  jusqu’au bout. Mais tous les autres cas assimilé à des infractions politiques, nous demandons que la clémence soit accordée et que  ces personnes puissent bénéficier  d’un allègement », a-t-il fait savoir.

Selon Dansa Kourouma, pour un dialogue réussi entre les différentes composantes, chacun doit y mettre du sien : « poser un acte en faveur de la paix, de l’apaisement, allant dans le sens du plaidoyer  formulé par la société civile  pour que les conditions nécessaires à un dialogue serein et constructif puissent se mettre en place. Mais, dialoguer en sachant que les principaux responsables de l’entité avec laquelle  vous dialoguez sont en prison, ce dialogue va poser un problème d’efficacité. Donc, nous voulons que ceux qui peuvent bénéficier de cet allègement puissent en bénéficier… »

Pour instaurer la paix et la réconciliation en Guinée, cet activiste de la société civile interpelle également  le prochain gouvernement à œuvrer dans se sens. « On veut aller dans le sens de l’apaisement ; donc au nouveau gouvernement qui est très attendu par les guinéens, sa composition doit refléter cette volonté des autorités à faire  le sacrifice  en faveur de la paix pour que la réconciliation nationale, que les droits de l’homme  soient au cœur de la nouvelle configuration gouvernementale », a laissé entendre le président du CNOSC.

Mariame Diallo pour Guineepremiere.com

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