Moulins d’Afrique : des travailleurs licenciés dénoncent le non-paiement de leurs droits

Des travailleurs des Moulins d’Afrique se sont rendus au tribunal de première instance de Mafanco ce mardi, 12 janvier 2021. Ils poursuivent le Directeur Général de cette entreprise de production de farine pour licenciement abusif. Selon nos informations, depuis 4 ans, 31 personnes parmi les licenciés sont laissées pour compte par leur employeur.

Les conflits entre employeurs et employés sont récurrents en Guinée et atterrissent souvent au tribunal. C’est le cas de ce dossier qui oppose Moulins d’Afrique et une trentaine de personnes pour licenciement abusif qui avaient décidé de s’affilier à une structure syndicale. C’est ce qu’a expliqué un d’entre eux, en l’occurrence Amadou Sara. « Nous avons été licenciés depuis 2017 par le directeur général des Moulins d’Afrique. Le motif, il se trouve qu’en octobre 2017 nous avons décidé de nous affilier à un syndicat. Il n’a pas voulu que nous soyons syndiqués. Finalement, il a demandé à ce que nous changions d’avis si non, il ne pouvait plus continuer avec nous. »

Par ailleurs, Amadou Sara a dénoncé les conditions de travail à l’époque des faits. « Le traitement n’était pas mauvais mais il était inadmissible. Quand vous prenez aujourd’hui tous les textes de lois qui ont été promulgués qui sont applicables sur toute l’étendue du territoire national et que vous prenez ce qui se passe aux Moulins d’Afrique vous constaterez qu’il n’y a pas de règle, il n’y a plus de lois et tout va comme le souhaite l’employeur et cela n’arrangeait point les employés. Nous sommes aujourd’hui 31 personnes organisées pour réclamer justice. Mais il y a plus de 300 autres employés depuis 2011 aux Moulins d’Afrique qui sont partis parce qu’ils ont commis une faute lourde et qui ne méritait même pas un blâme. C’est-à-dire que vous venez un beau matin, même si c’est votre tenu qui n’est pas très propre on vous dit prenez la porte. Les agents de sécurité sont là pour vous empêcher de rentrer pour les prochains jours. Lorsque vous partez aux Moulins d’Afrique vous constaterez qu’il y a un pick-up qui est garé là. Ceux-ci ne sont pas là pour simplement protéger l’entreprise mais ils sont là-bas parce que les dirigeants des Moulins d’Afrique savent qu’ils ont des travailleurs qui sont dans des situations précaires… »

Dans leurs révendications, ces employés disent qu’ils sont prêts à tout pour y arriver. « Nous comprenons que le dossier tarde à évoluer au niveau de la justice parce que le directeur général des Moulins d’Afrique ne veut pas assumer, il ne veut pas reconnaitre ces faits. Pourtant, il reconnait aujourd’hui que nous avons été des travailleurs des Moulins d’Afrique, ils nous ont utilisés pendant une longue période, il reconnait aussi nous avoir interdit l’accès à la société mais il ne veut pas nous indemniser. Il veut prendre des entreprises qu’il appelle intérimaires avec lesquels il a des contrats pour leur demander de venir gérer le problème. Je crois que nous ne connaissons personne dans cette affaire si ce n’est que le nommé Boubacar Barry, directeur général. Donc, c’est à lui de venir dire je les ai à un moment licencié voilà ce que je propose pour la séparation, ou bien je vais continuer avec leur syndicat… »

Les plaignants étaient accompagnés ce mardi au tribunal de première instance de Mafanco par le secrétaire général de l’UGTG (Union Guinéenne des Travailleurs de Guinée), Aboubacar Sidiki Mara. Ce syndicaliste a à cette occasion rappelé que le travailleur est libre de s’affilier à un syndicat conformément à la Convention 87. Devant le juge, il dit l’avoir signifié que les membres de son organisation sont victimes de licenciement abusif et qu’il souhaite que celui-ci les rétablisse dans leur droit. D’ores et déjà il confie qu’une tentative de conciliation entre les parties est en cours. Et si elle échoue, indique-t-il, ils iront au procès contre l’entreprise Moulins d’Afrique car « il est inadmissible que des guinéens soient maltraités de la sorte. »

Joint au téléphone, le directeur général des Moulins d’Afrique a laissé entendre qu’il n’a licencié aucun employé. Boubacar Barry nous a tout de même renvoyé vers INTELACT, un cabinet de consultation. Son directeur général, Ibrahima Camara, s’est abstenu de faire de commentaires sur le sujet, arguant que l’affaire est pendante devant une juridiction.

Saidou Baldé pour Guineepremiere.com

177

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!