Guinée : les transporteurs routiers plaident pour la réouverture des frontières

Depuis la veille de la présidentielle du 18 octobre, les frontières de la Guinée avec certains pays voisins sont fermées au grand dam aussi bien des populations que des transporteurs. Ces derniers tirent aujourd’hui le diable par la queue et se font entendre. A l’occasion d’une rencontre tenue ce mardi, 12 janvier 2021, à la Bourse du Travail, les membres de l’Union nationale des transporteurs routiers de Guinée ont fait le point sur les démarches menées depuis la fermeture des frontières pour sortir de cet enfer.

Le long des frontières guinéennes (Sénégal, Sierra Léone et Guinée Bissau), on aperçoit des centaines de camions immobiles remplis de produits destinés au marché local. Cette situation perdure depuis pratiquement 3 mois. El hadj Ousmane Horoya Sylla, Secrétaire Général de la fédération syndicale du transport routier de Guinée, a mis l’occasion à profit pour expliquer ce qui est fait jusque-là pour sortir de l’impasse. « On a fait des correspondances à tous les ministères concernés, malgré que notre ministère de tutelle est le ministère des Transports. Nous avons envoyé une correspondance aux ministères des Transport, du Commerce, de la Sécurité, du Budget, de la Défense et de l’Administration du térritoire pour qu’ils sachent qu’on a de véritables problèmes, et de nous aider à avoir une solution à cette crise… »

Selon Alpha Amadou Bah, vice-président de l’Union des Transporteurs routiers de Guinée, le syndicat n’a reçu aucune réponse à ces courriers. L’inquiétude ne cesse de grandir. « Nous ne pouvons pas estimer les pertes en ce moment. Même si on vous dit 100 milliards ce n’est pas suffisant. Coté Sénégal, il y a 135 camions qui sont stationnés sans rien, les marchandises sont pourries. Coté Guinée, il y a 133 camions qui sortaient. Coté Sierra Léone, 105 camions sont stationnés là-bas. Les autres frontières, on n’en parle pas. Un camion coute aujourd’hui 400 millions ou plus. Si on immobilise plus de 400 camions, ça fait beaucoup de chose », martèle-t-il.

Ce syndicaliste fait une proposition de sortie de crise. « On peut créer par exemple une commission mixte pour fouiller tous les camions, vérifier toutes les marchandises. Tous les véhicules suspectés, puisqu’il s’agit d’une question de sécurité d’Etat, le camion n’a qu’à être retenu et le propriétaire de ce camion va prendre la responsabilité. Comme ça, les autres camions vont circuler librement », suggère-t-il.

Sur le marché, le prix des denrées alimentaires a grimpé. C’est la conséquence directe  de la fermeture des frontières, disent ces transporteurs.

Ibrahima Sory pour Guineepremiere.com

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