Décès de Roger Bamba : Mamady Kaba demande l’ouverture d’une enquête indépendante

La mort de Roger Bamba, militant de l’UFDG, en détention depuis plus de trois mois à la maison centrale de Conakry, alimente les débats dans la cité. La nouvelle a bouleversé aussi bien les citoyens ordinaires que les activistes des Droits de l’homme, à l’image de Mamady Kaba, président de la Ligue pour la Défense des droits de l’homme en Afrique (LIDDA). Joint au téléphone par un reporter de Guineepremiere.com  ce vendredi, 18 décembre 2020, Mamady Kaba déplore les conditions dans lesquelles le désormais ancien membre du Conseil National des Jeunes de l’UFDG est décédé et invite les autorités à ouvrir une enquête pour  élucider la cause réelle de sa mort.

Arrêté depuis le 10 septembre dernier et mis en détention préventive, Roger Bamba a succombé ce mercredi, 16 décembre, à l’hôpital Ignace Deen de suites de maladie. Cet autre décès vient s’ajouter aux deux autres détenus politiques décédés en détention il y a de cela quelques semaines.

Pour Mamady Kaba, président de la LIDDA, la question de la détention préventive est un véritable problème en Guinée. « C’est avec beaucoup de consternation que j’ai appris la nouvelle. Sincèrement c’est triste, je présente mes condoléances à la famille éplorée, aux amis et à la famille politique du défunt. Depuis plusieurs années, c’est le problème de droit de l’homme le plus dénoncé. On ne peut pas accuser le régime actuel d’être à l’origine du problème mais on peut les  accuser  de n’avoir pas fait assez pour y mettre un terme. C’est surtout ce que nous déplorons, la justice n’a pas pu ouvrir  de nouveaux centres de détention. Les lieux actuels  sont peuplés, deux ou trois fois la capacité d’accueil des lieux. Ce qui fait que les détenus sont exposés à des risques sanitaires de tout genre. Quand un citoyen est en détention, l’Etat se doit de respecter notamment les conditions  de détention qui le maintiennent en vie, en santé et en sécurité. Si un détenu a des problèmes de santé, il doit faire l’objet  d’une attention particulière afin que sa détention ne précipite pas sa mort ou l’aggravation de son état de santé. Mais malheureusement, vous voyez que les conditions de détention rendent déjà malades ceux qui sont en bonne santé à plus forte raison ceux qui sont malades… »

Pour être situé sur la cause réelle de la mort de Roger Bamba, Mamady Kaba souhaite qu’une enquête soit ouverte. « Il faut ouvrir une enquête indépendante pour savoir si les conditions de détention n’ont pas eu un impact négatif sur l’évolution de sa maladie. Si tel est le cas, alors l’Etat  est entièrement responsable de sa mort. Il appartient  à l’Etat de mener des enquêtes et de fournir les informations issues de cette enquête et non à la famille. Une autopsie à mon avis ne permettra pas d’établir des liens entre les conditions de détention et l’évolution de la maladie, je pense qu’il faut aller plus loin  en ouvrant  des enquêtes  indépendantes sur les conditions du décès. Nous souhaitons que ça soit un décès qui n’a rien avoir avec sa détention, mais si ce n’est pas le cas, il est important  que l’Etat prenne ses responsabilités et dédommage la famille de la victime », a-t-il laissé entendre.

La situation actuelle des détenus préoccupe le président de la Ligue pour la Défense des droits de l’homme en Afrique (LIDDA). Pour lui, la solution est de libérer les innocents et doter le pays d’une nouvelle infrastructure. « Il y a des gens qui sont victime de règlements de compte, des gens qui y sont sur de fausses accusations parce que tout simplement ceux qui leur en veulent ont plus d’influence  et de  pouvoir qu’eux. Pendant ce temps, ceux qui doivent être en prison se promènent librement. Je pense qu’il faut libérer les personnes qui ne méritent pas  d’être détenues  afin de faire de la place  pour détenir les criminels. A cela s’ajoute la nécessite de doter le pays de nouvelles  infrastructures, de lieux de détention afin que les prisonniers puissent se retrouver dans les conditions compatibles avec la santé et d’autres difficultés qu’ils traversent déjà. Il est de la responsabilité de l’Etat de créer ces conditions et je pense que c’est le moment  de le faire avant que ça ne soit trop tard », a lancé notre interlocuteur.

Mariame Diallo pour Guineepremiere.com

169

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!