Levée du blocus sur le Mali : pourquoi la frontière reste toujours fermée à Kourémalé ?

La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a levé récemment le blocus qui pesait sur le Mali suite au coup d’État qui a renversé l’ancien président IBK. L’annonce de la réouverture des frontières, notamment à Kourémalé (Siguiri), tarde à être effective. C’est ce qu’ont laissé entendre des conducteurs de taxis qui habituellement font le trajet Conakry-Bamako. Ils l’ont dit dans un entretien accordé à un reporter de Guineepremiere.com dans la journée d’hier, vendredi 09 octobre 2020, à la gare routière de Madina.

Gare routière de Madina, Conakry

Les taximen qui quittent la Guinée pour le Mali ne sont pas sortis de l’auberge. Malgré l’annonce de la levée de l’embargo pesant sur le Mali, la réouverture de la frontière au niveau de Kourémalé, dans la préfecture de Siguiri, tarde encore à être effective. C’est ce qu’ils ont confié à un de nos reporters.

Mamadi Condé, chauffeur de taxi sur la ligne Conakry-Bamako : « quand nous avons appris que la frontière est ouverte, nous étions tous contents. On s’apprêtait à faire le voyage, mais ce sont nos collègues qui nous ont appelés pour nous dire de ne pas bouger de Conakry, que la frontière est refermée. Actuellement, on peut passer à pied, les véhicules ne passent pas.Les gens qui veulent aller coûte que coûte, il faut traverser la frontière à pied. Une fois de l’autre côté, tu te débrouilles. Si on prend un véhicule dans la clandestinité, tu payes ce qu’on te dit de payer, sinon on bloque ton véhicule. Vraiment, nous demandons aux autorités de nous aider à rouvrir la frontière. Nous vivons de ça. En plus de la réouverture de la frontière, nous demandons également aux autorités de diminuer les barrages. Imaginez-vous  qu’à chaque barrage on paye 20. 000 GNF. Le passager qui n’a pas la carte d’identité paye 20 000 GNF. D’ici Mamou, il y a plus de 10 barrages. Le plus étonnant dans ça, c’est que les brigades mobiles demandent de l’argent, la police demande l’argent, les bérets rouges demandent de l’argent. Ils ne se limitent pas seulement à fouiller… Quand un chauffeur tombe en panne, c’est la défaite, parce que tu rentreras bredouille chez toi. »

Djoumessi Condé dit également ne rien comprendre. « On ne comprend rien dans cette affaire de réouverture des frontières avec le Mali. On nous a dit que la frontière est ouverte, le lendemain on nous dit : non ! C’est fermé. Je demande aux autorités d’avoir pitié de nous. Moi actuellement, je suis sur la ligne Conakry-Siguiri à cause de cette affaire de fermeture des frontières. Parce que j’ai une famille à nourrir. Dès que tu arrives à Siguiri, on te dit carrément que Kourémalé ne passe pas. Pourquoi annoncer que la frontière est ouverte, alors que ce n’est pas le cas ? Voilà ce qui est marrant encore. Les hommes censés garantir notre sécurité, ce sont eux qui nous arnaquent.  Le peu que nous gagnons sur la route, nous sommes obligés de partager avec eux. L’état de la route, on n’en parle pas. C’est catastrophique. Nous sommes fatigués de tout ça. Nous demandons aux autorités de nous aider  afin qu’on arrête de nous arnaquer… »

Joint par téléphone, un officier des services de sécurité basé à Kourémalé a confirmé l’information. « Officiellement, l’embargo est levé. Mais, nous attendons des instructions pour rouvrir ici à Kourémalé. Pour le moment, la frontière reste fermée », a-t-il dit sous anonymat.

Propos recueillis par Alpha Amadou Diallo pour Guineepremiere.com 

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