Travaux publics : le calvaire des usagers du tronçon Matoto-Sangoyah

Les travaux de reconstruction du tronçon  Matoto-Sangoyah, sur l’autoroute Fidel Castro de Conakry, engagés il y a quelques semaines, sont à l’arrêt. Les travailleurs brillent par leur absence, laissant la logistique et les matériaux sur place. Riverains  et usagers de la route s’en plaignent et demandent une reprise rapide des travaux. Tel est le constat fait sur place par un reporter de Guineepremiere dans la journée ce mercredi 5 août 2020.

Sur la bande nord de cette route, un amas de terre et une machine empêchent toute circulation. Une situation qui impacte négativement sur les activités des riverains, notamment les marchands, pris dépourvu.

C’est le cas de Mamadou Samba Diallo, vendeur de matériels de construction. « Nos clients, ils ne parviennent pas à venir par là. Nous sommes obligés de faire traverser nos marchandises. En plus de cela, nos clients habituels ne viennent plus. Ils partent ailleurs pour acheter. Ils disent qu’ils  ne peuvent pas être en mesure de faire les achats en même temps de payer le transport pour l’acheminement des marchandises vers le côté  opposé de la route. Donc, nous appelons l’Etat à nous venir en aide parce nous souffrons vraiment ».

A quelques 100 mètre de ce magasinier, se trouve le parking de vente de véhicules de Boubacar Diallo. Subissant les mêmes dommages, ce gérant a proposé à AKC, l’entreprise en charge de la reconstruction de cette route, d’aménager une déviation pour faciliter le passage des citoyens en attendant le redémarrage des travaux. Une proposition qui n’a malheureusement pas prospéré, explique-t-il. « Nous, on est là mais je ne saurais vous dire pourquoi les travaux sont arrêtés. Ce qui est sûr, les riverains vivent un calvaire total. Depuis des semaines le chantier est à l’arrêt. Les gens n’ont pas accès à mon parking. Il y avait un espace où les gens pouvaient passer avec la moto mais qu’est ce qu’ils font ? C’est  de bloquer ce passage avec leurs machine ou encore de la latérite. La dernière fois que le camionneur est venu vesser de la terre. Je lui ai dit de mettre une déviation au moins pour faciliter le passage des gens. Il m’a répondu que ce n’est pas dans ses prérogatives, qu’il a reçu l’ordre d’empêcher tout passage.»

Ce blocage de la chaussée donne du fil à retorde aux conducteurs de véhicule qui roulent sur le tronçon Matoto-Sangoyah à cause des embouteillages interminables qui s’y forment. 

Certains d’entre eux affirment  ne plus parvenir à couvrir leur recette journalière. Tamba Antoine Kourouma, conducteur de minibus, se plaint des embouteillages sur la bande sud avant de dénoncer l’irresponsabilité de l’Etat. « Présentement, on ne sait même pas s’il y a un gouvernement en Guinée. Ça fait plusieurs semaines qu’on est bloqué à cause de ces travaux. Quand tu charges, d’ici à Sangoyah tu fais 3h du temps. Vraiment, cela nous fatigue. La recette journalière, c’est 250 000 francs guinéens, mais actuellement je ne gagne même pas 150 000. Actuellement, le prix d’un pneu varie entre 300 et 350 000 GNF. Imaginez donc quand tu as une crevaison, c’est une semaine de travail qui est mis dans l’eau. »

Les usagers de ce tronçon appellent l’Etat à leur venir en aide pour mettre fin à ce calvaire qu’ils vivent au quotidien. Toutes nos tentatives pour rentrer en contact avec le ministère des Travaux Publics et les responsables de l’entreprise AKC en charge des travaux sont restées vaines.

Saidou Baldé pour Guineepremiere.com 

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