Fête du 1er mai: Aboubacar Soumah plaide en faveur des enseignants dont les salaires sont bloqués

L’humanité a célébré ce vendredi, 1er mai 2020, la fête internationale du travail et de travailleurs dans un contexte de crise sanitaire sans précédent. En Guinée, des travailleurs du secteur éducatif en grève depuis quelques temps, traversent une période très compliquée avec le blocage de leurs salaires par le gouvernement.

Pour parler des difficultés de ces enseignants en période de Covid-19 et de ramadan et de ceux des écoles privées, un reporter de Guineepremiere.com a donné la parole à Aboubacar Soumah, secrétaire général du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et secrétaire général adjoint de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG). Il a été également question des guéguerres entre syndicats rivaux.

Guineepremiere.com: Aujourd’hui, c’est la fête internationale du travail. Quelles sont les difficultés que traversent vos membres surtout en cette période de crise sanitaire ?

Aboubacar Soumah: comme vous le savez, depuis le 9 janvier 2020, nous avons déclenché une grève sur toute l’étendue du territoire national. Cette grève a été largement suivie de Conakry à Yomou jusqu’au moment où cette pandémie de Coronavirus faisait son apparition. Mais à ce jour, on constate que malgré la suspension de la grève d’abord à cause de la pandémie, ensuite à cause de la situation socioéconomique, les camarades syndicalistes et leurs militants ne sont pas encore entrés en possession de leurs salaires. Avec cette pandémie, les gens n’ont pas les possibilités de se mouvoir et faire des activités qui leur feront des revenus. Malgré que le confinement est là et le Ramadan s’en est suivi, jusqu’à présent le gouvernement confisque nos salaires. C’est ça que les enseignants sont en train de traverser actuellement comme calvaire.

Quel appel avez-vous à lancer au gouvernement pour régler ce calvaire que vous traversez ?

Le seul appel que je vais lancer au gouvernement, c’est de les inviter à liber les salaires des enseignants parce que le droit de grève est consacré par notre constitution. Donc, il ne faudrait pas qu’à cause de la grève on confisque les salaires des enseignants pendant plusieurs mois. Malgré la crise sanitaire, ils continuent à garder les salaires des enseignants. Ils doivent savoir que ces salaires sont sacrés et c’est plusieurs bouches qui sont derrière ces salaires. Donc, qu’ils voient la situation et libèrent les salaires des enseignants.

Il y a également les enseignants du privé qui sont en train de souffrir pendant cette crise sanitaire. Qu’en dites-vous ?

Effectivement, la correspondance que nous avons adressée au gouvernement, dans laquelle nous avons notifié la suspension de notre grève, ce sont des points que nous avons inscrit comme invite aux autorités. Premièrement, nous avons demandé que les salaires soient libérés ; deuxièmement, nous avons invité le gouvernement à accorder une subvention aux enseignants des écoles/universités privées. Puisqu’en ce moment, eux-aussi, ils sont en train de tirer le diable par la queue du fait que leurs fondateurs n’arrivent pas à payer leurs salaires. Donc, nous avons bien demandé au gouvernement de bien vouloir revoir cette situation.

Aujourd’hui, il y a une grande division au sein du mouvement syndical guinéen. Quel message avez-vous pour vos camarades syndicalistes ?

À mes frères et sœurs syndicalistes, de comprendre que nous sommes élus pour le seul but de défendre les intérêts moraux et matériels des travailleurs. Aujourd’hui, ce qui caractérise le mouvement syndical guinéen, c’est vraiment grave. Certains responsables syndicaux ne voient que leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt des travailleurs. Ils préfèrent plutôt prendre position auprès du gouvernement que de défendre les travailleurs. Donc, il faudrait qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas élus pour défendre le patronat mais pour défendre les travailleurs. Nous devons nous donner les mains pour que nous puissions effectivement défendre ces travailleurs là pour lesquels nous sommes élus. J’invite l’ensemble des centrales syndicales de Guinée à se donner les mains comme en 2007, qu’on ne se mêle pas à la politique, de défendre les travailleurs, ce n’est pas la politique. Mais quand tu prends la place du gouvernement, c’est très grave. Cela s’illustre aujourd’hui, lorsque le SLECG déclenche une grève, voilà d’autres syndicalistes qui contre-attaquent en disant que la grève n’est pas légale, n’est pas ceci ou cela. Alors que nous n’avons fait que notre devoir, revendiquer ce qui provient de la base. Qu’ils comprennent que nous ne sommes à la solde d’aucune opposition comme ils le disent. Le mal en Guinée, dès que tu dis la vérité, on dit que tu es de l’opposition. Nous, nous allons continuer de nous battre puisque dans la vie, il faut chacun joue sa partition. Nous sommes syndicalistes, il faut qu’on joue notre rôle qui n’est autre que défendre les travailleurs.

Quel message pour l’ensemble des travailleurs de Guinée en ce 1er mai 2020 ?

J’adresse mes sincères félicitations à tous les travailleurs de Guinée. Je leur souhaite une très bonne fête. Je prie Dieu que cette pandémie qui a empêché qu’on se réunisse cette année ensemble pour commémorer cette journée soit éradiquée le plus rapidement que possible. Je leur demande de respecter les mesures barrières pour éviter cette maladie qui est en train de faire des ravages à travers le monde.

Propos recueillis par Aliou Barry pour guineepremiere.com

341

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!